Céline Bergeon est Maître de Conférences en géographie à l’Université de Poitiers/UMR Migrinter

Stéphanie Chauchet est Responsable du pôle habitat à la FNASAT

1 – En quoi la problématique de ces Journées d’Etude et de Formation vous semble-t-elle représenter un enjeu contemporain ?

Les questions liées à l’habitat (accès au logement, conditions de vie et qualité du logement, prise en compte d’habitats dits « non conventionnels ») constituent un des enjeux politiques et sociaux majeures de nos sociétés. Dans un contexte où les inégalités résidentielles persistent, voire se creusent, il est important de se questionner sur différentes modalités de prise en charge mais également sur des modes d’habiter différenciés. L’approche par les parcours individuels et collectifs permettent de considérer la thématique du logement dans une perspective temporelle (la trajectoire résidentielle d’un individu tout au long de sa vie) mais aussi sociale (intrication des pratiques résidentielles de chacun dans des logiques collectives, comme celles de la famille par exemple).

2- Quelles thèses, arguments ou questions comptez-vous développer lors de votre intervention ?

Notre intervention se focalisera sur l’habitat des familles de Gens du voyage. Après une rapide définition, nous présenterons ce mode d’habitat à partir des situations rencontrées sur les territoires et croisées par tout un chacun : formes et usages de l’habitat, organisation sociale, lieux de vie, … Nous expliquerons les aspects pratiques et juridiques qui prennent ou non en compte leur mode d’habitat reposant sur une complémentarité entre mobilité et ancrages. Nous verrons en effet qu’appréhender les pratiques habitantes par le prisme de la mobilité, nous donne une perspective intéressante pour ouvrir notre regard sur « l’habiter » très souvent associé à la sédentarité dans les représentations collectives. Nous nous attacherons donc à expliquer en quoi la mobilité peut définir des pratiques habitantes tout aussi légitimes que celles opérer par la société sédentaire. Enfin, nous souhaitons expliquer que la mobilité n’empêche pas les attaches et les ancrages territoriaux et que si elle n’est pas constatée lors de l’accompagnement d’une famille, elle est toujours potentielle. Cette intervention commune propose une mise en dialogue des approches autour de l’habitat (dispositif existant) et de l’habiter (les pratiques des familles).

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