De 1989 à 2004, le séminaire Déconstruire Le Social, animé par Saül Karsz, s’est tenu à la Sorbonne un lundi soir par mois.

Il s’est agi de mettre à la réflexion des thématiques contemporaines à partir de regards croisés de praticiens et chercheurs venus d’horizons différent dont Robert Castel, Michel Chauvière, Etienne Balibar, Colette Soler, Vincent de Gaulejac, Jacques Donzelot, Eric Fassin, Irène Théry, Gérard Neyrand…

Des comptes rendus détaillés ont été élaborés et envoyés à tous les participants (quelques 3000 pages en tout).

Pour accéder au programme de ces quinze années de séminaire : programme

 

Voici un extrait du séminaire de 2004 Rapports sociaux, rapports de sexe. Vous pourrez prochainement en lire l’intégralité et faire des commentaires.

Des femmes, des hommes, des rapports...

Séminaire complexe que celui que nous débutons [en 1989] ! Certes, aucun séminaire ne saurait aborder un thème simple, banal, c’est-à-dire un thème qu’on se serait employé à simplifier afin de le rendre évident, soit finalement aveuglant. Sans nullement le compliquer, le rendre abscons, l’intellectualiser à outrance, il s’agit d’en rendre compte, autant que possible dans sa réalité, donc dans sa complexité. C’est bien ce dont il s’agit à propos des «rapports sociaux, rapports de sexe» : ce thème ne relève vraiment pas de l’évidence, – ne serait-ce qu’à cause des montagnes de lieux communs qui l’investissent et qu’il nous faudra, partiellement sans doute, déconstruire…

Thème qui remonte à loin, dans l’histoire de chacun, dans l’histoire de l’humanité surtout. Débutons alors par un détour chez Adam et Eve. Mythe constitutif de nos idéologies morales, même si nous ne nous adonnons pas à des pratiques explicitement religieuses : le détour nous mènera dans le vif du sujet, au cœur des réalités contemporaines.

Il y a donc Adam. Il y a Eve. Il y a l’arbre. Il y a la pomme. Il y a Dieu et sa Sentence. Adieu le Paradis. L’histoire des humains se met en branle. Que s’est-il donc passé ?

 

A suivre…