Et l’écrit vint !

Comme si cela coulait de source et s’inscrivait sur la page blanche sans ratures ni taches, d’un seul jet !

Pas si simple : le chemin emprunté, les va-et-vient, les pauses, les fausses pistes, les impasses. L’allure aussi : au pas, au galop, à l’arrêt….

Dur labeur s’il en est, ponctué d’angoisses et de tant de plaisir, illuminé de fulgurances.

L’écrit vint parce qu’à force de travailler l’écrivain au corps, de nourrir ses rêves, d’occuper la place, il fallait bien que ça sorte.

L’écrit vint, dans la solitude du bureau, mais jamais seul, souvent accompagné de tous ceux qui ont nourri la terre où il a poussé, qui lui donne sa couleur, comme l’ardoise à l’hortensia bleu.

Quand il s’est frayé le chemin et qu’il se couche sur le papier, celui qui tient la plume peut être surpris de ce qui s’écrit là.

Et pourtant c’est de lui que ça parle, puisque de lui que ça émerge, alors l’écrivain se découvre autre.

Impérieux l’écrit vint qui dépasse son auteur et le laisse en chemin pour vivre sa vie, une vie dont d’autres s’emparent à leur manière.

L’écrit vint puis s’éloigne laissant l’écrivain qui l’a commis avec l’espoir que ce ne soit pas un écrit vain.

Monique Carlotti – septembre 2020

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