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La forme-famille : structure éternelle dite anthropologique ou construction socio-historique, donc mutante ?

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Saül Karsz, philosophe, sociologue, consultant : « Famille(s) et parentalité(s) au pluriel, bien sûr !… »

1 – En quoi les questions de famille(s) et de parentalité(s) vous paraissent-elles constituer, représenter, faire partie des enjeux contemporains ? Parleriez-vous de famille et/ou de parentalité au singulier ou au pluriel ?

2 – Quels arguments comptez-vous présenter lors de votre intervention aux XX° Journées ?

  1. Famille(s) et parentalité(s) au pluriel, bien sûr ! La distinction et les croisements « famille réelle – famille  imaginaire », toujours à l ‘œuvre, ne sont nullement aisés à établir – on croit parler de l’une là où l’autre est de fait visée. Des mutations de fond et de forme rythment ce que j’appelle la forme-famille au travers des époques, des couches sociales, des configurations subjectives – hier autant qu’aujourd’hui. Mais nous continuons à appeler « famille » des constellations d’hommes et/ou de femmes et/ou enfants qui nécessitent des appellations plus rigoureuses. Pourquoi araser les diversités humaines sous une appellation unique ? Le risque est d’accentuer la portée stigmatisante des interventions psychologiques, sociales et médico-sociales tentées de considérer comme conduites inappropriées, manquements et autres handicaps ce qui en fait relève de modalités socio-historiques spécifiques, irréductibles à toute autre. Se tromper de définition est aussi grave que se tromper de diagnostic et d’intervention. Parentalités elles aussi plurielles. Il s’agit d’une catégorie hautement contradictoire, c’est ce qui en fait sa richesse et son intérêt. Elle donne lieu à des acceptions particulièrement moralistes tout en se prêtant à des usages singulièrement libérateurs, elle induit un retour aux poncifs traditionnalistes autant qu’une certaine déculpabilisation des parents face aux difficultés somme toute normales du vivre-ensemble et du prendre soin des enfants. Quelque part entre « mariage pour tous » et « manif pour tous »… Dans tous les cas, voilà une catégorie qui oblige à réviser nombre de vérités révélées concernant les familles et les discours sur les familles. Raison supplémentaire de son intérêt pour moi.   Tels sont les enjeux contemporains des questions de famille et des questions de parentalité – enjeux subjectifs, théoriques, idéologiques, pratiques, administratifs et politiques. A détailler.
  2.  Lors de mes interventions (lundi, en manière d’ouverture, et mercredi, en conclusion mais surtout pas en clôture), je compte déconstruire les lamentations habituelles sur la pseudo-crise de la famille, la perte des repères, la dégénérescence de l’Ordre symbolique, la mutation anthropologique, etc. etc. Objectif : tenter de repérer de quoi ces leitmotivs passablement galvaudés traitent en réalité et ce qu’ils s’emploient à escamoter. Montrer de quelle manière ils fourvoient les interventions dans des impasses. « Famille » et « parentalité » ne sont surtout pas des synonymes interchangeables. Passer de l’une à l’autre n’a rien d’une évidence – ni théoriquement ni du point de vue des pratiques. Question : qu’est-ce que la catégorie récente (1954) de parentalité souligne à propos de la catégorie plusieurs fois millénaire de famille ? Il s’agira pour ma part de suggérer quelques pistes opératoires pour les interventions auprès des familles et/ou des affaires de parentalité – pistes qui qui alimentent une clinique transdisciplinaire. Celle-ci prend en compte l’incontournable dimension psychique sans nullement s’en contenter. Théoriciens et praticiens, sommes confrontés à des questions complexes (qui ne sont pas forcément compliquées) : nous avons besoin, non de vocalises et autres formules incantatoires, mais de rigueur, d’argumentation, de débat raisonné – afin de co-construire, ensemble, l’intelligence des pratiques.

Deuxième exposé (mercredi 19 novembre 14) : Clinique transdisciplinaire des interventions auprès des familles, des parents, des enfants

 

 

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