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Entre principe de plaisir et principe de réalité : l’Eglise romaine catholique-apostolique

Opium du peuple selon Marx, névrose collective selon Freud, les religions ont quelque chose de fascinant. L’Eglise catholique, puissance économique et idéologique internationale, formidable prescriptrice de consciences, notamment de bonnes consciences, n’y fait pas exception. Elle détient des positions majeures dans nos cultures officiellement laïques et dans nos vies explicitement athées. Fascinante, elle l’est de par son ambition incommensurable de soumettre le réel existant au réel tel qu’il devrait être, de faire glisser l’histoire humaine – éminemment économique et politique – dans les psalmodies plus ou moins placides de l’histoire spirituelle, foncièrement idéologique. Telle est la foi demandée aux adeptes : croire que le monde réel est un bien pâle reflet de sa représentation idéale et, en plus, se comporter comme s’il l’était vraiment.

Eclate entre temps la dénonciation des pratiques pédophiliques partout où l’Eglise est implantée. Ces pratiques portent-t-elle un démenti à la sainteté affichée, discréditent-elles l’Eglise ? Une commission d’enquête nommée par le Vatican y jettera de la lumière (tamisée, sans doute). Comment expliquer ces scandales ? Affaire de « brebis galeuses », dira-t-on. On en trouve dans toute organisation. Mais si les cas s’avèrent particulièrement nombreux, l’exception risque fort de devenir une règle. Au lieu de brebis, un troupeau ! C’est pourquoi, justement, on peut voir dans ce scandale le principe de réalité faisant irruption au beau milieu d’odyssées édifiantes et autres dispositifs de contention. L’Annonce peut alors être faite : « Ici aussi, la sexualité est depuis toujours à l’œuvre ! ».

Pourquoi en serait-il autrement ? Le célibat imposé par l’Eglise à ses agents depuis le Concile de Latran (en 1123 : pas avant, donc) est une gestion de la sexualité qui oblige prêtres et nonnes à des sublimations diverses et variées, à des contrôles assidus et des relâchements inopinés, à des pratiques hétérosexuelles, homosexuelles, auto-érotiques, pédophiliques. Cette gestion est en fait une modalité de coexistence avec une sexualité que l’Eglise, comme toute autre instance, ne peut ni gommer, ni passer outre, ni dépasser. La gestion de la sexualité reste chez les humains une solution de compromis plus ou moins bancale.

Pas question de justifier quoi que ce soit, surtout pas la pédophilie. Autre chose importe. A savoir : la sexualité en dehors de l’Eglise œuvre aussi en son sein. Retour du refoulé d’un réel qui se rebiffe, qui insiste à rappeler sa soif et sa faim, avec ou sans soutane. Témoignage du fait que l’Eglise est, avec ses adeptes et ses agents, bien prise dans le monde, par le monde. Car les exceptions sont contenues dans la règle, dont elles constituent l’ombre portée – une manière de Révélation. La mission divine que l’Eglise s’octroie est une représentation de son destin exclusivement terrien.

Saül Karsz – Octobre 2018

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