
Maurice Godelier, directeur d’études à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales : « Il faut distinguer parentalité et famille… »
1 – En quoi les questions de famille(s) et de parentalité(s) vous paraissent-elles constituer, représenter, faire partie des enjeux contemporains ? Parleriez-vous de famille et/ou de parentalité au singulier ou au pluriel ?
2 – Quels arguments comptez-vous présenter lors de votre intervention aux XX° Journées ?
- Il faut distinguer parentalité et famille. La parentalité désigne les différentes responsabilités que les parents doivent assumer lorsque de leur union, ou par adoption, ils ont à élever des enfants. Parmi les fonctions de la parentalité il y a bien entendu l’engendrement ou l’adoption des enfants, la dotation d’un nom, les soins d’affection et de protection à leur prodiguer, une éducation, etc. Ces fonctions universelles sont assumées par différentes personnes selon la nature du système de parenté au sein duquel naissent les enfants. Les formes de famille sont diverses selon les systèmes de parenté. Il existe dans le monde un petit nombre de systèmes. Celui qui a cours en Europe occidentale et en Amérique du Nord a pris naissance à la fin de l’Antiquité romaine et s’est perpétué jusqu’à notre époque en étant profondément marqué par la religion chrétienne et ses interdictions. A partir de la Révolution Française les choses ont changé et on assiste aujourd’hui à des transformations sans précédent qui modifient le statut des familles et la position de l’enfant. Aujourd’hui coexistent des familles classiques, des familles monoparentales, des familles homoparentales, des unions libres, etc. et ces situations affectent la position de l’enfant.
- L’exposé portera sur la nature des composantes de tout système de parenté et présentera les caractéristiques du système occidental, après avoir énuméré les fonctions de la parentalité. A partir de là seront envisagées les évolutions contemporaines de la famille en France, et les problèmes qui se posent, tels le problème des mères de substitution, de la PMA, etc.

Tout d’abord, je voudrais saluer Maurice GODELIER que nous avions eu le plaisir d’accueillir à l’ITES pour une journée mémorable. C’était en 2009… Quel plaisir, quel succès. Bravo à PS pour cette programmation !
juste ce petit mot pour demander qu’à ce niveau de réflexion, il soit possible de ne plus utiliser la formule « famille monoparentale » (fiction nocive qui ne rend compte d’aucune réalité) au bénéfice de « foyer monoparental ». En effet, la 1ère formule est exclusive et impose l’idée d’un seul parent. Or, l’enfant , dans cette configuration ne perd pas son deuxième parent. Les deux ne cohabitent pas, certes, mais restent cependant et dans une morphologie familiale qui est souvent 1 étape dans un processus, des acteurs possibles de son existence.