Isabelle Hanquart est sage-femme et docteur en philosophie

1. En quoi la problématique de ces Journées vous semblent- elle représenter un enjeu contemporain ?

La thématique de l’hébergement avec ses diverses déclinaisons revêt un enjeu contemporain puisque chacun est personnellement concerné, parfois aussi professionnellement, et l’est de manière générale en tant que citoyen. Si les modalités de la problématique varient au cours des époques et selon les parcours individuels, elle est aussi fonction de la culture et de la société auxquelles on appartient. Il s’agit toutefois d’une préoccupation universelle et intemporelle donc anthropologique et structurelle pour une société donnée.

L’enjeu est majeur dans nos sociétés occidentales et en France puisque des faits nouveaux nous interpellent quotidiennement tels : les populations migrantes croissantes qui parfois s’installent sous des tentes au cœur des villes, la paupérisation de travailleurs qui dorment sur les bancs publics, la position allongée des SDF sur les bouches de métro,  l’augmentation des femmes et de familles vivant à l’extérieur, l’explosion au sens littéral et métaphorique des tours de quartiers dits sensibles tandis que l’on  construit des logements sociaux de petite taille  et que  murs et clôtures s’élèvent de sorte que se développent des ghettos hypersécurisés.

2) Quelles thèses, arguments ou questions comptez-vous développer lors de votre intervention ?

L’utérus est jusque-là à la fois l’hébergement initial et universel, cependant les représentations associées à sa fonction évoluent. S’intéresser aux représentations historiques ainsi qu’aux modalités de ce temps utérin permet de mettre au jour combien les volontés politiques conditionnent ce qui pourrait apparaître uniquement comme l’objet d’une préoccupation intime.
Epingler quelques décisions politiques relatives à la prise en charge étatique de la natalité relève évidemment de celles des politiques de santé, celles-ci sont néanmoins corrélées à d’autres dimensions telles, le statut des femmes dans la société, l’environnement, les rapports à la science.

Réciproquement les diverses manières dont nous investissons subjectivement les nouvelles conditions de cet hébergement sont à la fois le symptôme d’un passé pas totalement révolu et ceux d’un avenir encore infigurable et pourtant déjà là.

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