Marc Uhry est consultant en politiques sociales de l’habitat – Gilles Desrumeaux est délégué général de l’UNAFO – Richard Jeannin est directeur général d’ARALIS
1 – En quoi la problématique de ces Journées d’Etude et de Formation vous semble-t-elle représenter un enjeu contemporain ?
2- Quelles thèses, arguments ou questions comptez-vous développer lors de votre intervention ?
Les politiques en matière d’hébergement, de logement, d’habitat et d’aménagement du territoire, sont, en France, des politiques d’Etat. Historiquement régaliennes, c’est-à-dire relevant parfois de l’Ancien Régime, et encore aujourd’hui centralisées par l’Etat. Les sujets en débat ne relèvent pas moins de trois Codes : Urbanisme, Construction et Habitation et enfin Action Sociale et Familiale. On pourrait donc émettre l’hypothèse que ces thématiques, supposés traiter de besoins dits fondamentaux, sont extrêmement normés, même si elles tendent à évoluer avec le transfert progressif des compétences aux collectivités territoriales, et plus récemment celles des « aides à la pierre », voire de l’hébergement.
Comment ces Codes, les financements qu’ils impliquent et le positionnement ou orientation politique au territoire ont-ils évolué depuis l’après-guerre ?
Qu’en est-il des politiques sociales supposées faciliter l’accès au logement, à l’hébergement et à l’habitat, voire au territoire?
Ces évolutions structurantes ont-elles permis d’inventer des catégories d’ayant droit, ou de potentiels accédants aux droits ? Catégories permettant d’activer toutes sortes, de droits dits « incomplets » (à supposer que nous sachions ce que sont les droits complets). L’hébergement serait destiné aux personnes émigrées (appellation polémique) sans droits, le logement pour les plus modestes ?
Dans ce champ de l’accompagnement au / vers le logement, quels sont les enjeux de normalisation du « savoir habiter » ? Que veut dire cette notion ?
Le logement serait-il une question privée, voire intime, avant d’être une question de société ?
Cependant, le fait qu’il faille en « jouir en bon de père de famille », obligation contractuelle, atteste cette obligation qui prévoit même ses dérives : « troubles de jouissance » de la chose louée. Les parents ont une responsabilité sur les enfants dans les espaces collectifs. Il existe des aides à habiter, des troubles de l’habiter, des politiques publiques qui encadrent ces thématiques intimes, apparemment.
Les intervenants proposent de croiser leurs regards sur les évolutions contemporaines, leurs capacités à produire des normes, la capacité des normes à produire des catégories d’actions, de publics, de pensées.
Repères sur les interventions des participants
Proposition de Gilles DESRUMAUX :
- Quelle est la vision à moyen terme des politiques publiques en matière de logement, d’hébergement et d’habitat en France depuis la seconde guerre mondiale ?
- Comment progressivement se sont construites des catégories de publics ?
- Quelles catégories de publics se sont construites ?
- Comment ces politiques ont évoluées d’une politique d’ensemble à la une forme de privatisation de la gestion des politiques sociales ? Ne passent-elles pas d’une politique d’ensemble à une forme de privatisation des politiques sociales. (résidualisation)
- En la matière, quels effets de normalisation produit l’accompagnement social ?
- Pourquoi les marges d’hier ne sont plus les marges d’aujourd’hui ?
- Comment fait-on la ville aujourd’hui ?
Proposition de Marc UHRY :
- l’habitat est-il considéré comme une question intime.
- Quelles tensions entre enjeux individuels et collectifs ?
- Quelles sont les données qui cadrent ces thématiques ? Selon quelles échelles et ordres de grandeur : logement, rue, ville, pays, Europe…
- Que veut dire Habiter ? Quels en sont les troubles ? Que signifie aider à Habiter ?
Marc Uhry, Consultant en politiques sociales de l’habitat, après 20 ans passés dans le secteur associatif de l’insertion par le
logement, sur le terrain, puis comme Directeur Rhône-Alpes (puis Europe) de la Fondation Abbé Pierre. Membre du groupe européen d’experts en droit au logement de la Feantsa, expert auprès de l’ONU. Un pied dans la recherche, un pied dans l’opérationnel et le troisième pied dans l’engagement militant, parce que la bipédie est une position trop instable.
