Aimer, mais à sa manière

Qu’autrui ou soi-même « aime à sa manière » suggère que le dit amour ne convient pas entièrement, ne correspond guère à celui qu’on espérait, n’est pas complet, souffre de limites plus ou moins sévères et inspire des déceptions plus ou moins fortes. Le mais entre amour et manière marque des tensions entre ces deux termes, voire leur antagonisme.  Sans ce mais, l’amour est complet, total, sans réserves d’aucune nature, tout entier voué à autrui, sans traces significatives de narcissisme ni vestiges de détestation, voire d’hainamoration (Lacan), amour finalement éthéré planant au-dessus desparamètres sociaux qui pourtant l’encadrent, y compris dans ses évolutions. Il existerait quelque chose comme un standard d’amour, un modèle, un idéal. Logé très haut et très loin, nécessairement. En attendant d’y parvenir, les humains entretiennent une extrême variété d’expériences amoureuses – mais chacun à sa manière, puisque c’est là la seule modalité réelle possible. Question : quelles solutions de compromis entre l’Amour et ses manières forcément conjoncturelles, incomplètes, aléatoires chacun invente, supporte, cultive ?

Saül KARSZ – septembre 2014

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