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Jean-Paul Mugnier, directeur de l’Institut d’Etudes Systémiques de Paris : “Lieu d’apprentissage de certaines valeurs…, la famille doit permettre au sujet…de se construire une identité…”

1 – En quoi les questions de famille(s) et de parentalité(s) vous paraissent-elles constituer, représenter, faire partie des enjeux contemporains ? Parleriez-vous de famille et/ou de parentalité au singulier ou au pluriel ?

2 – Quels arguments comptez-vous présenter lors de votre intervention aux XX° Journées ?

1- Lieu d’apprentissage de certaines valeurs dont celle de solidarité à la base de la paix sociale, la famille doit permettre au sujet, à travers le sentiment d’appartenance, de se construire une identité.  Son évolution d’un point de vue historique fait apparaitre les différentes fonctions qui sont les siennes, fonctions de survie, de transmission d’un patrimoine et, dans un passé plus récent, de régulation des émotions.

Cette dernière fonction explique l’apparition au cours du 20ème siècle de théories rendant compte de l’évolution des relations en son sein, en particulier les théories de l’attachement et le modèle systémique. Dans le même temps, la famille doit favoriser et permettre la réalisation du projet existentiel de chacun de ses membres. Dès lors, si celui-ci semble entravé du fait de l’apparition d’un symptôme ou de difficultés particulières, ce sera dans l’histoire de ces relations que l’on tentera de déceler ce qui aurait pu être à l’origine de la souffrance d’un de ses membres voire du groupe familial tout entier.

2- Une des conséquences de la constitution du couple par choix mutuel du conjoint est l’attente des partenaires qu’il satisfasse les désirs de chacun. Et s’il semble y faire obstacle, se séparer n’aura rien de scandaleux, ce qui pour autant n’est pas synonyme d’absence de souffrance. C’est dans cette évolution qu’apparaissent de nouvelles formes de familles et de parentalités : monoparentalité, homoparentalité, ainsi que les questions actuelles sur le statut des beaux-parents et la reconnaissance de leur fonction parentale. Cette évolution  pose deux nouvelles questions : comment ces nouvelles formes de familles et de parentalité seront-elles capables de répondre aux besoins évolutifs de l’enfant et inversement comment celui-ci s’adaptera-t-il à ces nouvelles configurations familiales ?

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