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L’année 2012 résonne de l’écho, 50 ans après, de l’indépendance de l’Algérie fêtée le 5 juillet. Après le 8 février-Charonne- et surtout après la signature des accords d’Evian le 18 mars 62, l’Algérie entre dans l’une des périodes les plus troubles de son Histoire. Le règne du non droit pouvait, depuis plusieurs années, entraîner la mort ou la disparition d’un passant, d’un anonyme, comme en témoigne le récent roman de Monique Rivet, Le Glacis, chez Métailié.

Cette année 2012, quelque rare journaliste –notamment Akram Belkaïd sur son blog, « La chronique du blédard »- accompagne les réminiscences de cette mémoire-là, qui ne cessent de marquer les corps et de surgir où on ne les attend pas.

La génération qui avait 25 à 30 ans pendant la Guerre d’Algérie, la guerre sans nom désignée alors par l’euphémisme d’ « événements », cette génération marche sur les traces enfouies du passé, au fur et à mesure que s’égrènent les dates commémoratives de l’année. Mohamed Harbi et Benjamin Stora dans La Guerre d’Algérie (Hachette, 2010) ont pourtant dressé un état des lieux des recherches, avec 25 spécialistes algériens et français, sur « ce qui reste notre dernier grand drame national ».

A soutenir cette pérégrination mémorielle, la reconnaissance de l’autre, l’étranger, se fraye un chemin parmi ce qui a été, pour trouver d’autres voies, peut-être pour aller en Algérie vers les Algériens, sans barrage – les vrais barrages, ceux de la guerre, ni les obstacles qu’on se fabrique, la peur par exemple. « 62 : Sois sente d’eux », leur murmure une voix interne, une voix tellement proche ; être « sente d’eux », c’est devenir chemin à partir d’eux, de ce qu’ils sont, ou sentir partir de soi un chemin à partir de ce qu’ils sont et une voix vers l’Algérie d’aujourd’hui. La syntaxe s’en trouve un peu tordue mais l’inconscient s’embarrasse-t-il de correction de la langue ? Non, il se contente d’un sens approximatif, juste capté, furtif.

Brigitte Riera – Juillet 2012

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