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Etre de gauche aujourd’hui ?

Les raisons ne manquent pas pour… être de droite.  Des raisons socio-politiques : telle est l’orientation dominante des idéologies scolaires, médiatiques, sanitaires, sociales, d’un certain sens commun de notre époque [Gramsci], ainsi que la direction récurrente des fonctionnements institutionnels et même des relations interpersonnelles. Des raisons individuelles et collectives : la fin annoncée des utopies révolutionnaires, l’emprise du réalisme comptable (qui n’est pas n’importe quel réalisme), l’injonction à vivre en accord avec ses convictions intimes, surtout si elles sont congruentes avec ce qu’il convient de croire et de faire croire aujourd’hui. Des raisons historiques, aussi : pour sortir de la crise actuelle par le haut, les clivages sociaux, raciaux, de genre, d’éducation, de nationalité, de revenus, de conditions de vie, d’avenir doivent être consolidés : mettre les pauvres et les riches à leurs places respectives, une fois pour toutes. Seuls évolueront ceux qui ont compris que chacun est personnellement responsable de ce qui lui arrive… Raisons philosophiques, enfin : tout se passe comme si être de droite, comme si être à droite ne nécessitait pas d’explication, moins encore de justification particulière. Il suffit de suivre le mouvement. Dès qu’il s’agit dêtre, soit de conserver le monde tel qu’il va et nous-mêmes tels que nous sommes, la droite s’impose. Avant de nommer des partis politiques, la droite désigne une sensibilité, une posture existentielle, un état d’esprit – naturels, diraient certains qui ignorent que la nature est une longue et patiente construction culturelle…

La gauche aussi est une construction culturelle – explicitement, manifestement, absolument. Elle n’est en rien naturelle, spontanée, impulsive. La droite non plus – mais son statut culturellement, idéologiquement dominant la fait passer pour naturelle. Il en va autrement pour la gauche. On peut s’en réclamer très fort ou se faire accuser d’y appartenir, sans que ce soit forcément le cas. Même officiellement au pouvoir, la gauche peut ne pas l’être effectivement… Le verdict semble sans appel : posture passablement décatie, survivance nostalgique et/ou embarrassée et/ou empêtrée dans des proclamations plus ou moins rituelles, la gauche git à côté de l’histoire réelle en train de se faire.

Les jeux sont donc bel et bien faits ?

Sans doute, s’il s’agit d’être, de se référer à des données intangibles, à des permanences intouchables et non questionnables, s’il s’agit de faire l’impasse sur la contradiction et la surdétermination,  sur la controverse argumentée. On ne peut plus être de gauche mais plutôt tenter de le devenir, d’en réitérer avec ténacité la portée et les visées à la fois objectives et subjectives, les formes et les contenus tant publics que privés. Comprendre que la politique en général et les pratiques professionnelles en particulier sont des combats en redéfinition ininterrompue. Impossible de refonder un projet dit de gauche sans se risquer à inventer un monde nouveau – sous peine de récidiver dans une forme plus ou moins soft de droite.

Saül Karsz – décembre 2014

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