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Petites variations sur la question du cadre
  1. « Mettre du cadre » : expression souvent utilisée par des intervenants socio-éducatifs, formateurs et psychologues à propos de jeunes dits sans repères, déstructurés, en déficit d’autorité… Or quels que soient les modes d’éducation des parents ciblés par les dispositifs d’action sociale, les enfants sont toujours structurés par des normes, valeurs, principes… Obéir à la « loi du milieu » par exemple, n’est certainement pas manquer de tout rapport à l’autorité. L’action éducative ne consiste jamais à établir un cadre supposément absent mais à réduire la distance séparant les modèles, références, rapport à l’autorité portés et investis par les jeunes au regard de ceux prescrits par les politiques sociales, promus par les institutions sociales et médico-sociales, consolidés par la morale ambiante.
  2. La question du cadre implique aussi les professionnels : des dimensions psychiques et idéologiques œuvrent dans les pratiques, alimentent des liens de transfert et contre-transfert, produisent des effets matériels sur les situations suivies. Affects, désirs, projections, identifications… constituent des éléments avec lesquels chaque professionnel encadre les usagers, sans oublier des idéaux, valeurs, normes, représentations, catégories cliniques qui orientent consciemment et inconsciemment ses pratiques, actes et discours.
  3. La question du cadre est également arrimée à la réalité institutionnelle. Celle-ci autorise les investissements des praticiens, ordonnance leur pouvoir d’agir, fixe des objectifs à atteindre selon le type de dispositif, à dominante progressiste ou bien sécuritaire. Subordonnée à une politique sociale donnée, chaque institution interprète la commande des tutelles afin de la convertir en démarche éducative. Des dimensions techniques et pédagogiques, idéologiques et politiques traversent le cadre institutionnel. Celles-ci surdéterminent les actions et marges de manœuvre des praticiens et des jeunes.
  4. La question du cadre [des cadres], renvoie à la dialectique entre ces trois dimensions : le référentiel de socialisation qui structure la problématique du jeune, les paramètres idéologiques et psychiques des intervenants, les contraintes objectives et normatives de toute institution. Processus nécessairement instable, il se manifeste dans les rapports de force et/ou de complémentarité et/ou d’alliance entre usagers-professionnels au sein de l’institution. C’est pourquoi le cadre énoncé dans un projet de service ne correspond pas toujours à celui qui se déploie au fil de l’expérience. La notion de cadre mérite d’être interrogée pour ne pas le réduire à une explication hâtive de problèmes relevant uniquement de carences de l’usager et/ou du praticien et/ou de l’institution.

Jean-Jacques Bonhomme – Mars 2015

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