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La vieillesse existe-t-elle ?

Les XXIVièmes Journées d’Etude et de Formation « Représentations de la vieillesse, vieillesse des représentations » se sont tenues les 25, 26 et 27 mars à Sèvres (92310). Elles ont permis à neuf intervenants [1] chercheurs et praticiens ainsi qu’à une trentaine de professionnels stagiaires de penser la vieillesse non comme un problème à résoudre mais comme une question à élaborer, une problématique à déployer.

Il s’est avant tout agi pendant ces trois journées de dissocier vieillissement et vieillesse. Le premier terme renvoie à un processus physiologique touchant tout être à partir de la naissance, de façon inégale et à chaque fois singulière. L’usure et la maturation en sont les deux composantes contradictoires et complémentaires.

Pour qu’il y ait vieillesse, il ne suffit pas qu’il y ait des personnes « chronologiquement plus âgées que d’autres [2] ». Des conditions incontournables sont indispensables pour qu’elle advienne : des représentations (modèles culturels, modalités du vivre-ensemble, préjugés, fantasmes, angoisses…) et aussi des dispositifs (disciplines, institutions, professionnels, protocoles…) qui la construisent. La question de la vieillesse – appellation instable et rarement contrôlée, construction spécifique à certaines sociétés et dans certaines conditions – est surdéterminée. On n’est pas vieux au même âge dans toutes les formations économico-sociales et on n’y traite pas les « anciens » de la même façon, avec des gestes techniques identiques en apparence.

La vieillesse n’est pas un lieu ni un espace dans lesquels se retrouveraient des personnes dotées de certaines caractéristiques – à partir de quel âge, d’ailleurs ? C’est une construction idéologique incarnée dans des corps singuliers. A ce titre, à l’instar de l’enfance, cette catégorie évolue à l’ombre de parangons de normalité et est irriguée de croyances, principes, valeurs, traditions, us et coutumes plus ou moins stables. Elle donne lieu à des recherches, des enseignements, des pratiques qui la font exister par-delà le bon vouloir de sujets qui veulent s’en délester, s’y tapissent ou s’y laissent enfermer.

Déconstruire la vieillesse, c’est-à-dire étudier comment cette catégorie est construite, comment elle parvient à être et à évoluer, est ce à quoi se sont appliqués les intervenants, chacun à sa façon et selon sa discipline, pour le plus grand intérêt des participants et pour faire de la vieillesse et des vieux autre chose que des habitants plus ou moins consentants des maisons dites de retrait-e. A domicile et en EHPAD, ils restent des sujets socio-désirants.

[1] Saül Karsz, philosophe sociologue consultant – Frédéric Balard, anthropologue – Christophe Capuano, historien – Hervé castanet, psychanalyste – Bernard Friot, économiste sociologue – Christian Gallopin, médecin – Michel Laforcade, directeur ARS, Jérôme Pellissier, docteur en psychogérontologie écrivain – Jean-François Serres, directeur Monalisa. Avec la participation de Marianne Blin (conférence gesticulée).

[2] Saül Karsz, Déconstruire la vieillesse In Affaires sociales, questions intimes, Paris, Dunod, 2017.

Claudine Hourcadet – Avril 2019

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