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La poule et le couteau

Afin de préparer les XXIIèmes Journées d’Etude et deLPDC 72 poule et couteau Formation du mois de novembre 2016 sur le thème « Handicap : réalité(s) d’une fiction », Pratiques Sociales a invité Josef Schovanec, savant et autiste, le samedi 28 mai à Paris.

Il y a, nous a-t-il dit, beaucoup plus d’autistes qu’on ne le pense et qu’on ne le dit, de tous âges, enfants, adultes et vieillards, hommes et femmes. Qui sont-ils donc ?

Toutes les personnes porteuses d’autisme ne se ressemblent pas ni ne déclinent de la même manière cette pathologie, un ensemble de traits et de caractéristiques disparates arrimés sur un socle de « fonctionnement commun », à savoir des troubles relationnels et une façon singulière d’être au monde. « Si l’on nait autiste, on le reste », quelle que soit la catégorisation dans laquelle on entre ou on nous place (troubles du spectre autistique, psychose, troubles du comportement, débilité, originalité). Ces classifications tendent à homogénéiser les symptômes et les difficultés supposés des publics. Cependant, les discours sur les autistes ne sont pas les autistes. Ceux-ci dépassent les catégories médicales et les labels administratifs qui les ciblent et qui procèdent d’une « construction communautariste des handicaps ». Si le diagnostic est précieux, parce qu’il permet de se (re)connaitre en tant qu’autiste et d’accéder à des dispositifs d’aide et d’accompagnement, il n’en reste pas moins qu’il enferme les sujets dans des modèles et critères établis par rapport à des normes non spécifiées et tenues alors pour naturelles et indépassables.

« C’est le handicap qui handicape et pas la déficience ! ». C’est ainsi que Josef Schovanec nous a interpelés sur le regard que nous portons sur les personnes avec autisme. Elles sont entravées dans leur capacité à appréhender le monde car elles n’usent pas de la même logique que les personnes dites valides. Les clauses de langage et autres métaphores et sous-entendus, les codes sociaux que nous utilisons pour entrer en relation sont autant d’énigmes à déchiffrer pour une personne avec autisme. A contrario, les particularités et performances que montrent les autistes nous paraissent étranges et peu compréhensibles. C’est que la problématique du handicap concerne aussi bien ceux qui sont porteurs d’une pathologie que ceux qui n’en sont pas.

Josef Schovanec nous a amenés à questionner les codes que nous utilisons et les contenus, soit la portée idéologique des modèles, références et repères dans lesquels nous sommes pris. Pour faire comprendre leur logique – une autre intelligence – et communiquer avec les valides, les autistes ont à faire beaucoup d’efforts et d’apprentissages. A la question « comment comprendre les personnes avec autisme ? » correspond celle des autistes « jusqu’où imiter les non-autistes ? ». Des thématiques à travailler si nous ne voulons pas, les uns et les autres, nous retrouver aussi démunis qu’une poule qui a trouvé un couteau !

Ces réflexions et bien d’autres seront abordées lors des Journées d’Etude et de Formation des 21, 22 et 23 novembre 2016.

 

Claudine Hourcadet – Juin 2016

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