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La désespérance ne fait pas une politique

Les raisons de désespérer ne manquent certes pas.

Comment continuer à faire le travail qu’on aime, dans lequel on se sent utile et qui rend service à beaucoup d’individus et de groupes… tout en subissant l’emprise de valeurs, modus operandi, pratiques et diktats carrément opposés ? Il n’en reste pas moins que cette désespérance n’est pas seule en lice. Elle prend le contre-pied de la béatitude naïve ou cynique, au choix, de ceux pour qui il n’y a rien de nouveau sous le soleil, « il faut attendre, ça finira bien par se tasser ». Sans oublier ceux – fort nombreux – pour qui les temps actuels sont on ne peut pas plus normaux, désirables et de préférence indépassables…

Voilà trois attitudes typiques et typées. Nullement de simples différences d’opinion ! Ces points de vue énoncés avec plus ou moins de conviction mobilisent des positionnements subjectifs, à la fois conscients et inconscients, ils emblématisent des souffrances et des joies, des manières de se rapporter à soi et aux autres. Ils représentent également des postures professionnelles, des façons de penser et d’agir dans son travail, avec ses collègues et sa hiérarchie, et bien entendu avec les destinataires de ses actions.

Il s’agit d’orientations idéologiques et politiques, des modalités de prise de parti dans le monde. Quel que soit le domaine concerné, de fait le professionnel se trouve toujours déjà engagé, l’enjeu étant de confirmer le monde tel qu’il va, de le questionner, ou de participer à en dessiner un autre. Enjeu de plus en plus visible et incontournable. Examiner de près ce qu’on défend et ce qu’on rejette s’avère donc indispensable. Condition sine qua non : se gargariser le moins possible de phrases toutes faites. Car même si, subjectivement, le professionnel ne s’occupe pas de politique, la politique n’a de cesse de s’occuper, elle, objectivement, de lui. C’est bien le cas de la désespérance : loin de ne mener nulle part, elle a beaucoup à voir avec le ressentiment subjectif, soit le consentement objectif au monde tel qu’il va. Et, là-dessus, les trois attitudes évoquées ci-dessus convergent presque naturellement.

Chacune à sa manière atteste de cette passion de l’ignorance dans laquelle Jacques Lacan décelait une des passions majeures des Humains

Saül Karsz – Janvier 2011

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