pariuri sportive bet365bet365bet365 bonus la pariuri
« J’aime pas quand c’est flou ! »

En photographie et en optique, des images apparaissent floues parfois. Il se peut que la photo soit réellement floue dFlouu fait d’un mouvement de l’objectif au moment de la mise au point ou bien que l’observateur souffre d’un problème ophtalmologique qui entrave sa capacité à voir les choses nettement. Il en va de la photographie comme des patients ou des usagers, parfois très flous aux yeux des professionnels chargés de leur accompagnement. Travailleurs sociaux, personnels soignants, médecins… se confrontent régulièrement à des situations dont de nombreux paramètres leur semblent peu lisibles : demandes peu ou pas du tout exprimées, potentialités et difficultés complexes à évaluer, objectifs incertains, diagnostic difficile à déterminer…

D’aucuns s’expriment avec vigueur : « j’aime pas quand c’est flou ! ». Ces intervenants sont possiblement confrontés à leurs illusions/désirs de pouvoir tout comprendre et tout baliser des situations qu’ils accompagnent. Illusions/désirs renforcés lorsque l’intervenant n’est pas en mesure de questionner l’appareillage théorique, conceptuel et méthodologique qu’il met en œuvre dans sa pratique, y compris à son insu.

Si le réel se pense, s’analyse, se théorise afin d’en appréhender autant que possible la complexité, on ne saurait cependant le dompter complètement sans zones d’ombre. Il est possible de rapporter ce flou ressenti à des résistances (conscientes et inconscientes) de l’usager à entrer dans les catégories que mobilisent les professionnels. Ces catégories sont des grilles de lecture indispensables pour poser des balises, elles délimitent les champs d’intervention (protection de l’enfance, structures médico-sociales, pédopsychiatrie, gériatrie, etc…), orientent les interventions et favorisent une prise en compte des situations. Bipolaire ou borderline, personne en situation de handicap, névrosé ou psychotique, autiste ou femme victime de violences sont autant de classifications favorisant telle ou telle piste d’accompagnement plutôt que telle autre. A condition que le sujet ne soit pas réduit à son diagnostic médical, clinique, psychologique, sociologique… car sont simultanément intriquées de nombreuses dimensions (psychiques, financières, sociales, sexuelles, familiales…). Par ailleurs, le flou n’est en rien une caractéristique des seuls usagers, qui de leur côté ont quelques raisons de percevoir une certaine opacité dans les propositions qui leur sont faites par les éducateurs, assistants sociaux, médecins ou psychologues.

Ce qui apparait en partie sinon totalement flou peut en revanche devenir un élément constitutif de l’accompagnement proposé, une invitation à prendre en considération des aspects sous-estimés ou méconnus. Des éléments s’élaborent au fil du temps et de l’accompagnement, et par là-même deviennent moins opaques. Un travail clinique et théorique ininterrompu de la part des intervenants est une condition primordiale pour un élargissement des perspectives, face à un réel toujours énigmatique, flou par définition. A éclaircir.

Sébastien Bertho – Juillet 2016

Partager:

1 commentaire(s)

LILLIER benjamin

Le 6 septembre 2016 à 10 h 45 min - Répondre

En écho à votre propos et avec mes cordiales salutations

Extrait d’un texte de Jean Baudrillard écrit pour le livre (de photographies) Sommes-nous ?:
« Il y a cependant une sorte de philosophie derrière cette « tendance ».
Derrière le « flou », il y a l’intuition d’une mise au point impossible sur le réel, l’impossibilité de rendre compte du monde dans sa fluidité, son éphémérité, son inexactitude – et donc d’en être témoin et d’en porter témoignage. C’est le parti pris d’en saisir le mouvement, le mode d’apparition, dans une sorte d’anamorphose et d’improvisation. »

Laisser un commentaire