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Inclure qui et dans quoi ? A propos de l’emploi accompagné

Dans le cadre du chantier sur l’inclusion, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a fait paraitre, le 16 novembre 2011, des recommandations en faveur des personnes handicapées. Ces dernières « doivent avoir les mêmes droits et les mêmes chances de participer à la vie politique et publique » et « les gouvernements doivent faciliter la participation active de chacun à la vie de la communauté ».

La possibilité pour les personnes handicapées de s’inscrire dans une activité professionnelle est un axe privilégié – pour le maintien des rapports sociaux. Ainsi l’écrit Myriam El Khomri à la sortie du décret sur l’emploi accompagné paru en janvier 2017 : « L’emploi accompagné va non seulement permettre d’étendre l’accès au milieu ordinaire aux personnes en situation de handicap, mais représente surtout une étape importante dans la promotion de la diversité, une exigence essentielle de justice sociale utile à la performance des entreprises. L’inclusion par l’emploi et au travail de tous les publics est indispensable pour la cohésion de notre société » (document Ministère du Travail, Internet, 04/01/17).

L’« emploi accompagné » est-il une opportunité pour certains d’accéder à une activité salariée sur le long terme ? Une subtilité langagière pour faire montre d’une préoccupation des entreprises concernant le recrutement de personnes en difficulté ? Un vœu pieux tant le chômage de masse touche de larges couches de la population, notamment les plus jeunes et les plus âgés, a fortiori les personnes handicapées ? Le taux de chômage pour ces dernières est deux fois supérieur à celui de l’ensemble de la population active.

Que nomme donc l’emploi accompagné ?

Si l’on considère les préceptes du Conseil de l’Europe, l’insertion professionnelle ne peut à elle seule garantir l’inclusion dans la société, celle-ci s’avérant particulièrement discriminante pour les plus démunis en matière de santé et de niveau d’étude, notamment en milieu professionnel.

Par ailleurs, les entreprises, en recherche de productivité maximale et de performance, seront probablement peu enclines à recruter des personnes que leur statut annonce et désigne comme étant limitées dans leurs actions et/ou leur réflexion. On peut constater cependant que le lien direct entre une pathologie, quelle qu’elle soit, et l’accession ou le maintien dans l’emploi est loin d’être prouvé dans tous les cas et en toutes circonstances. Nombreux sont ceux qui, souffrant de maux divers, continuent à se battre pour garder leur activité et, partant, le salaire qui va avec. Beaucoup tiennent leur place et font valoir des compétences et ressources à la hauteur du travail qui leur est demandé.

L’emploi accompagné dément le présupposé d’après lequel ce sont les seuls symptômes qui empêchent de tenir un poste et non pas les vicissitudes du marché du travail, faisant porter sur les salariés – et les équipes qui les accompagnent – l’échec ou la réussite de l’insertion professionnelle.

Entre stratégie néolibérale – c’est l’emploi qui doit être accompagné et non le travailleur potentiel ! – et tendance progressiste – permettre à chacun, s’il le souhaite, d’occuper selon ses possibilités une activité professionnelle rémunérée -, l’emploi accompagné peut être une occasion pour les intervenants sociaux de forcer des logiques bureaucratiques et administratives lourdes et relativement opaques en la matière pour tenter la prise en compte des publics accompagnés et inventer des modalités inédites de participation sociale.

 Claudine Hourcadet – Octobre 2017

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