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Enfants et adolescents dans la cité : des citoyens ?

Thierry Paquot est philosophe de l’urbain, professeur émérite de l’université (Institut d’urbanisme de Paris-Upec)  

1 – En quoi la problématique de ces Journées d’Etude et de Formation vous semble-t-elle représenter un enjeu contemporain ? 

Tout être humain est topophile. Ne pas disposer d’un lieu à soi s’avère une blessure à jamais inguérissable. Aussi la question de l’habitation est existentielle et non pas seulement essentielle. « Habiter » ne veut pas dire « loger », mais être-présent-au-monde-et-à-autrui ce qui relève de bien d’autres choses que le simple fait d’avoir un abri, qui néanmoins en constitue une des conditions. De nos jours, à la précarisation de l’emploi s’ajoute la précarisation des territoires que l’on peut mesurer avec les migrations, les exils, les camps de réfugiés, les bidonvilles… Les enfants et les adolescents, dont il convient toujours d’avoir une approche genrée, sont encore plus vulnérables que les adultes et une telle privation s’apparente à une douleur. J’évoquerais principalement les enfants et adolescents qui disposent d’un logement, sans pour autant se sentir « citoyens ». La ville, mais aussi les grands ensembles et les lotissements pavillonnaires en périphéries des bourgs-dortoirs, font de chacun des urbains mais non pas des citadins. Qu’est-ce que la citadinité pour les enfants et adolescents ? La réponse est certes un éventail de situations, mais avec une dimension commune : les enfants et les adolescents sont les mal-aimés des « faiseurs de villes ». Contrairement à la Convention Internationale des droits de l’enfant (New York, 1989), leurs avis demeurent inaudibles, les adultes les ignorent. Or, ce sont des habitants de plein droit des territoires et de futurs citoyens. Les abandonner à leur sort revient à en faire des citoyens de seconde zone qui se sentent exclus des institutions et des règles démocratiques. Il est temps de les associer à toutes les décisions les concernant et de les écouter, afin d’œuvrer de concert. Avec eux, c’est certainement une autre ville qui sera ménager…

2- Quelles thèses, arguments ou questions comptez-vous développer lors de votre intervention ?

Je partirai de ma définition de la ville comme étant l’heureuse combinaison de trois qualités, l’urbanité, la diversité et l’altérité, sachant que si l’une d’elles vient à manquer c’est l’esprit de la ville qui se trouve en péril. J’insisterais sur la diversité générationnelle et montrerais à quel point toute la société s’enrichirait de la prise en compte de tous ses membres, petits et grands ! Pour cela, la famille doit évoluer et l’école se réformer profondément. Je donnerais quelques exemples et formulerais quelques propositions, sachant que cela réclamera et du temps et un changement de « logiciel »… Associer les enfants et les adolescents à la vie de la Cité consiste à les entendre et à les faire entendre. Pour cela, leurs cultures, ne doivent aucunement être minorées et l’expression parfois violente (ou ressentie comme telle par des adultes) de leurs propos, comprise comme une demande d’attention. Le langage, l’écoute, la compréhension, la reconnaissance, la confiance, sont des mots (et des sentiments et attitudes) à conforter, chaque jour, partout.

Biographie – bibliographie (fournie par l’auteur)

Directeur de la collection « Actuels » au Sycomore (1078-1982), directeur littéraire aux éditions La Découverte (1983-1991), puis conseiller de la direction chez Larousse (1991-1992), à nouveau directeur littéraire des éditions Quai Voltaire et Lieu Commun (1993-1995), cofondateur des éditions Descartes & Cie (1996), conseiller des éditions Infolio pour la ville et l’architecture (depuis 2008).

Producteur de l’émission Permis de construire (1996-2000) et de Côté Villes dans l’émission « Métropolitains » (2000-2012) sur France Culture et éditeur de la revue Urbanisme (1994-2012), il est membre des rédactions d’Esprit, Hermès, Books, Diversité, ‘Scape (Pays-Bas), Localities  (Corée du Sud) et Urban (Italie). Il est le rhapsode de L’Esprit des villes et chroniqueur à EcologiK (depuis l’été 2016).

Après avoir conçu et animé le cycle « La ville au cinéma » au Forum des Images (Paris) pendant une quelques d’années (1999-2006), il a durant quatre ans (2013-2017)  conduit le cycle ArchiCiné à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris). Il préside l’association Image de Ville, qui chaque année programme deux festivals à Aix-en-Provence, l’un sur une question urbaine, l’autre sur l’environnement.

Il est membre de la Commission du Vieux Paris (depuis 2001),  président du Conseil d’orientation scientifique du Learning Center sur la « ville durable » à Dunkerque (La Halle-aux-Sucres) de 2014 à 2018.

Il est le commissaire de l’Exposition permanente sur la « ville durable » au Learning Center (la Halle-aux-sucres, Dunkerque, à partir de 2016), de l’exposition temporaire, « La ville récréative. Enfants joueurs et écoles buissonnières » également au Learning Center (juin-décembre 2015, puis à Grenoble, mars-mai 2017) et conseiller scientifique pour l’exposition « Mutations urbaines » à la Cité des Sciences de l’Industrie de Paris (juin 2016-mars 2017).

Il a fondé et animé l’Université populaire d’écologie de Choisy-le-roi, qui propose une conférence mensuelle (2014-2017).

Il donne régulièrement des conférences en France et dans le monde (Chine, Inde, Canada, Europe…) et préside de nombreux concours d’architecture et d’urbanisme et diverses commissions liées aux questions artistiques et environnementales.

Il est l’auteur d’une soixantaine d’ouvrages (dont plusieurs ont été traduits), parmi ceux-ci : Vive la ville ! (1994), L’Art de la sieste (1998 et 2008), Le quotidien urbain. Essais sur les temps des villes (sous la direction de, 2001), Éloge du luxe. De l’utilité de l’inutile (2005), Demeure terrestre. Enquête vagabonde sur l’habiter (2005), La ville au cinéma ; Une encyclopédie (avec Thierry Jousse, 2005), Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète (2006, nouvelle édition en 2016), Utopies et utopistes (2007 et nouvelle édition en 2018), Petit Manifeste pour une écologie existentielle (2008 et nouvelle édition en 2016), L’Espace public (2009 et édition revue et augmentée en 2015), L’Urbanisme c’est notre affaire ! (2010), Un Philosophe en ville (2011, nouvelle édition en 2016), Introduction à Ivan Illich (2012), Le voyage contre le tourisme, Préface de Marc Augé (2014), Désastres urbains. Les villes meurent aussi (2015), Situationnistes en ville (sous la direction  de, 2015), Le Paysage (2016), Géopoétique de l’eau. Hommage à Gaston Bachelard (2016), Lettres à Thomas More sur son utopie (et celles qui nous manquent) (2016), Dicorue (CNRS-éditions, 2017).

Il s’évertue à faire lire des auteurs « oubliés » qu’il réédite en les préfaçant, comme Jean-Marie Guyau, Alexandre Vexliard, René Maunier, Emile Magne, Gustave Kahn, André Morizet, Georges d’Avenel… Tout comme il préface de « jeunes » auteur-e-s qui publient un ouvrage tiré de leur thèse, comme Marie Escorne, Farida Seddik, Anne Durand…

Il essaie de vivre selon ses idées et bénéficie, chance exceptionnelle, de la présence de sa femme et de ses trois enfants, sur lesquels il ne dira rien de plus.

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