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De l’hébergement au logement : un eldorado ?

Marie-Laure Jachmich et Hélène Rault sont travailleuses sociales à l’association Charonne – Paris

1. En quoi la problématique de ces Journées d’Etude et de formation vous semble-t-elle représenter un enjeu contemporain ?

 Les politiques sociales actuelles, et ce depuis 2007 (loi DALO) prônent le « Logement d’abord », ce qui a pour conséquence, l’exclusion d’autres projets alternatifs d’hébergement (moins de création de pensions de famille, moins de réflexion autour de repenser les centres d’hébergements…). Cela donne l’illusion que le logement serait la solution à « tout » (insertion pro et sociale, stabilité, soin…) Le logement est-il adapté à tous ? Alors qu’un autre  travail, conséquent,  commence en intégrant le logement : HABITER. Comment habiter ? Question qui n’est pas travaillée en amont. Peut-être ne peut-elle pas l’être ?

Nous nous questionnons sur notre place en tant que travailleurs sociaux. Où se loge le travail social dans ces politiques sociales du « logement d’abord » ?

2. Quelles thèses, arguments ou questions comptez-vous développer lors de votre intervention ?

a) Un retour historique nous rappelle que la crise du logement est permanente depuis l’après-guerre. Nous sommes passés d’un slogan « Il faut un toit sur la tête », ce qui ne signifie pas forcément « un logement » et qui peut aussi amener différentes déclinaisons de types d’hébergement : voire leur amélioration.

b) Aujourd’hui, on prône le logement d’abord, comme « La solution » ou comme un Eldorado !

Le travailleur social estime-t-il le logement en tant que finalité, dans la réussite d’un accompagnement ? Et pour l’institution ? Et pour la personne ? Comment accompagner sur la réalité du logement ? Est-ce que le travailleur social ne participe pas à la construction de cet Eldorado ? Par rapport à la vision de la société ?

Ex : Malgré notre ouverture, notre souplesse de déplacement de nos schémas et de nos systèmes de valeur (par notre formation), on ne peut pas s’empêcher de crier victoire à l’obtention d’un logement. Est-ce la satisfaction du patient ? Une satisfaction professionnelle et/ou  personnelle ?

c) Le passage de la rue ou de l’hébergement au logement peut favoriser plus d’isolement, des décompensations, des rechutes, des dépressions, des angoisses, la dévalorisation de soi de ne pas pouvoir investir son logement (référence à des schémas antérieurs), des crises…

Le patient nous dit : je veux un logement, mais parle-t-on « d’habiter » durant l’accompagnement ? Question à laquelle on se confronte souvent une fois le logement attribué !

Comment comprendre, accepter et accompagner les crises ?

Sachant que notre public (addict) se confronte à une insatisfaction certaine du réel.

e) De plus, tendance à moins de financement dans l’accompagnement vers et dans le logement : équipe réduite de professionnels, voire parfois pas formées aux problématiques qu’engendrent des situations longues à la rue et d’hébergement…

+ Notion d’urgence : intégrer le logement, se soigner. « Le logement d’abord » uniformise un idéal ; est-ce que ce n’est pas demander aux personnes de se corriger, de correspondre à cet idéal, à une certaine de forme de « normalité » ? Et vite ?

On peut se poser la question d’une de nos missions : la réduction des risques ; ne sommes-nous pas, au contraire dans une prise de risque ? A accompagner ?

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