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Chez qui habite-t-on quand on habite chez soi ?

Issues des principes de la psychiatrie de secteur initiée dans les années 1960-1980, plusieurs modalités de soins et d’accompagnement hors structures hospitalières ont été et sont encore expérimentées en direction des personnes dites en situation de handicap psychique.

Ainsi, les résidences d’accueil, maisons relais associées à un service médico-social, proposent des lieux de vie et une organisation permettant aux personnes accueillies de vivre dans un espace communautaire avec logement privatif et soutien d’une équipe. Alternative progressiste à l’hospitalisation, ces lieux d’habitation visent l’autonomie des personnes et une auto-prise en charge de leur vie quotidienne.

Qu’en est-il cependant du vécu de ces modalités de logement par les personnes concernées ? La présence de ces autres – colocataires, gouvernantes, infirmiers, auxiliaires de vie – avec lesquels elles vivent leur permet-elle de se sentir chez elles ? Rentrer chez ses parents pour le weekend (pratique courante des résidences d’accueil) est-ce rentrer chez soi ou en sortir ?

Question délicate que celle du chez-soi ! S’émanciper des quatre murs de l’hôpital psychiatrique ne garantit pas toujours de trouver un havre de paix où s’approprier peu ou prou sa vie. Pour certaines personnes et selon les périodes, le bonheur se trouve plutôt dans la sécurité d’un espace de soin que dans la rue ou dans sa famille. Un accompagnement avec des exigences quant à la façon de tenir propre un logement peut s’avérer contenant pour certains mais peu propice à la sérénité pour d’autres. Retrouver ses proches périodiquement peut endiguer l’angoisse de la solitude ou bien l’amplifier en brouillant les repères que l’on tente d’établir afin de maintenir un équilibre de vie.

La question du chez-soi touche d’assez près celles de l’autonomie et de l’indépendance. Certes, vivre avec des troubles psychiques ne va pas de soi ; vivre sans non plus, d’ailleurs ! La dépendance peut venir de la pathologie mais aussi du traitement, du regard des autres, de la stigmatisation qu’induit la différence, d’injonctions plus ou moins paradoxales édictées par des accompagnants qui pensent bien faire et disent : « soyez autonome et faites ce que je vous dis ! ».

Proposer un logement c’est aussi proposer une façon de vivre, de se nourrir, de dormir, de prendre soin de soi, d’interagir avec son entourage.

C’est sur cette thématique du logement que nous vous proposons de nous retrouver en mars 2018 pour les prochaines Journées d’Etude et de Formation de Pratiques Sociales.

Claudine Hourcadet – Juin 2017

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