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Un décor qui fait corps…

Article 353 du code pénal : un décor qui fait corps… 

Point n’est besoin de recueillir des indices, de fouiller les phrases à la recherche de mots-clés révélateurs, d’investir les moindres détails au tournant des descriptions : on sait d’avance qui est le meurtrier ! Il l’affirme et l’assume et se laisse arrêter sans résistance.

Et pourtant, rien n’est moins sûr que cette culpabilité affichée d’emblée.

C’est ce que va défendre Tanguy Viel, l’auteur de cet excellent roman, en faisant monologuer Martial Kermeur, un Breton aussi rugueux et brumeux que les côtes du Finistère dans la tempête, désabusé et piquant comme le vent humide sur une terre qui a promis du confort et qui n’a rien donné. Car le personnage principal est bien ce paysage taillé au couteau autour duquel les mots s’enroulent et sans lequel l’histoire contée n’aurait pu voir le jour ni autant nous interpeler. Dans ce décor, Martial fait partie des gens ordinaires qui se lèvent matin pour accomplir leur labeur, qui vivent avec un certain fatalisme ce qui leur arrive, ancrés dans les gestes et les pensées de la strate sociale dans laquelle ils sont nés. Mais quand survient le promoteur Antoine Lazenec, les poings emplis de promesses et le verbe séduisant, ils se prennent à rêver qu’ils seront un jour propriétaires dans un endroit paradisiaque, qu’ils échapperont à leur sort. Ils y investissent toutes leurs économies, monétaires et morales.

Ce que va devoir décrypter le juge qui reçoit les aveux de Martial c’est ce rêve non confessé de changer de condition, la honte, voire la culpabilité, du désir de s’embourgeoiser, la croyance en un marchand d’illusions qui va très loin dans son scénario manipulatoire. L’issue sera dans la loi et aussi – surtout – dans son interprétation. Peut-il en être autrement puisqu’elle est énoncée par des hommes, nourris de leurs expériences, savoirs, méconnaissances, croyances et méprises ?

Claudine Hourcadet – Mars 2017

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2 commentaire(s)

Bernard DEFRANCE

Le 18 mars 2017 à 11 h 14 min - Répondre

Je vais lire ! Cependant je me permets une remarque – qui n’est peut-être pas de détail – : l’article 353 du code pénal n’existe pas (qui passe directement de l’article 324-9 à l’article 410-1 – dans mon édition Dalloz 2009), il s’agit de l’article 353 du code de procédure pénale…

Lessieux J.C

Le 18 mars 2017 à 13 h 42 min - Répondre

Très ancien « disciple » de Karl et ancien collègue de J.J Bonhomme, je lisais le dernier bulletin des éditions de Minuit dont les qq pages du bouquin de Tanguy que je me fais depuis un certain temps le devoir d’acheter. Votre commentaire et ce texte s’inscrit bien dans ces périodes si troubles, dans les paroles énoncées, embrouilleuses, confuses, hargneuses, cruelles, haineuses….un pour tous et 34 % d’indécis. Que l’art nous décile les yeux. Cdt

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