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Acteur : à la vie comme à la scène ?

acteur-lpdc-76Le terme acteur (de sa santé, de son projet, de sa vie…) est devenu un
élément du langage courant des institutions sociales et médicosociales. Il fait régulièrement office d’objectif explicite de l’accompagnement social : rendre l’usager acteur. Le Larousse propose deux pistes pour expliciter ce signifiant usité.

« Personne qui participe activement à une entreprise, qui joue un rôle effectif dans une affaire, dans un événement. Les acteurs du 18 brumaire ». Aussi peut-on se questionner : comment un sujet pourrait-il ne pas être acteur de sa vie, de sa santé ? Un homme qui passerait la majeure partie de son temps à consommer de grandes quantités de mauvais vin, assis dans une posture peu ergonomique dans son canapé, refusant en bloc toute proposition de modération de ses consommations et autres invitations à des activités thérapeutiques, cesserait il d’être acteur de sa situation ?

« Personne dont la profession est d’être l’interprète de personnages, à la scène ou à l’écran ; comédien ». Il s’agit, maintenant, de jouer un rôle, d’être actif mais selon certains référentiels. Transposé au champ social et médicosocial, cela renvoie à une norme à laquelle l’usager est invité (parfois fortement) à se conformer. Interprète d’une partition écrite d’avance au sein de laquelle subsistent des aménagements possibles, des marges d’improvisation.

Nous pouvons également envisager une analyse du développement exponentiel du terme « acteur » au travers du prisme néolibéral. En effet, l’usager-acteur est corrélé au primat de la responsabilité individuelle sur les conditions et déterminations sociales (méritocratie), à l’optimisation des capitaux (financiers, culturels, sociaux), à la rationalité des acteurs évaluée à l’aune de la quête de satisfactions toujours nouvelles, ou encore à la flexibilité et l’adaptabilité à leur environnement notamment professionnel… Ces ingrédients constitutifs d’une idéologie aujourd’hui dominante pourraient bien trouver quelques déclinaisons dans les modalités de prise en charge des populations dites en difficultés. Certes, les institutions sociales et médicosociales n’ont pas pour unique dessein la (re)production des valeurs et composantes du capitalisme, il serait néanmoins erroné d’imaginer que les dites institutions poussent hors sol et que le néolibéralisme triomphant n’impacte en rien leurs modalités d’organisation et d’intervention.

D’ailleurs, on peut se demander si être acteur ne renvoie pas aussi à la comédie sociale au sein de laquelle des rôles bien précis sont attribués aux uns et aux autres (« le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et les femmes seulement des acteurs » [William Shakespeare, Comme il vous plaira, acte II scène 7].

Inviter des sujets à devenir davantage acteurs (actifs) de leur existence peut s’avérer une modalité d’accompagnement pertinente, à condition de se défaire de l’illusion d’après laquelle en l’absence de travailleur social le sujet concerné n’agirait en rien sur sa vie. A condition également de se souvenir que l’on n’accompagne jamais un usager à devenir acteur tout court, mais un certain type d’acteur, apte à interpréter certaines partitions plutôt que d’autres.

Sébastien Bertho – Décembre 2016

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1 commentaire(s)

Jean Pierre Kervella

Le 23 décembre 2016 à 17 h 13 min - Répondre

Ok pour la pluaprt des idées énoncées mais je reste quand même étonné que la fin de l’article laisse croire que même démuni un individu reste toujours acteur. Que les chose soient claires, aussi démuni aussi misérable (dans tous les sens) soit un individu il reste une personne à part entière qui mérite respect, attention (même un criminel) et surtout que malgré ses défauts, dans une sociét égalitaire, démocrate du moins il reste citoyen. Or je pense qu’on ne peut lui attribuer le terme d’acteur car il est trop submergé par ses problèmes sans doute mais par des structures socio économiques qui l’empêchent de l’être justement.
Ot dans le travail social laisser croire qu’une activité artistique par exemple, théâtre, musique, etc. va lui permettre de se révéler acteur est une illusion. Dans le cour terme sans doute mais quand le travailleur social s’en va (quand le « projet » est fini) est-ce qu’un jeune (dit de banlieue) ne va pas se retrouver au bas de sa tour ou une personne handicapée dans son isolement ou dans son institution.
Qu’on (cela vaut pour tout le monde) ne soit pas entièrement déterminé c’est sûr mais encore nos « improvisations » même celles de génies sont souvent le fait de courants de pensée, de réseaux et non le fait d’une rationnalité individuelle. C’est se leurrer que de croire à l’inéité de dons individuels.
On peut aussi dire que ceux qui sont les plus acteurs dans notre monde sont ceux qui possèdent les ressources économiques, sociales, qui peuvnet éventuellement fzaire des choix judicieux (et encore, comme je le disais tout à l’heure, ce sont des choix dont les options étaient déjà présentes, avant même le choix proprement dit (voir par exemple Norbet Elias, J’ai suivi mon propre chemin, p. 34). Et sur cette question voir aussi ce que dit Peter Berger, Comprendre la sociologie, p. 125, si dans la vie sociale on peut jouer des rôles quelque peu différents, si pafois on peut improviser, le scénario est déjà écrit par la société et on ne peut trop s’échapper au personnage prescrit par la société.
Dans le cadre du travail social ce n’est pas le développement personnel (de l’acteur) qu’il faut vouloir. Si, sans doute, quand les structures seront modifiées avec égalité parfaite, justiceradicale. Mais en l’instant il importe plus de viser l’émancipation collective, ce dont ne parlent que trop rarement les travailleurs sociaux d’aujourd’hui.
Merci pour votre revue
Ken a veo,
Nedelek laouenn
JPK (ancien travailleur social puis resp de formation (ES, ETS) en retraite maisd tjs enseignant en sociologie)

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