Les journées d'étude de PRATIQUES SOCIALES
 
La rencontre 2005 (présentation)
 
La rencontre 2005 (le thème)
La rencontre 2005 (le programme)
 
La rencontre 2005 (modalités)
 
La rencontre 2005 (argumentaires des intervenants)
 
     
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[Journées d'étude
  de Pratiques Sociales

Rencontre annuelle , au mois d'octobre, mise au travail
d'une question vive, contemporaine, significative : une
question à enjeux théoriques et pratiques.

Pour en traiter, des chercheurs et des praticiens venant
délibérément d'horizons diversifiés, prêts à une mise à
l'épreuve de leurs idées et expériences.

Pour en débattre, des participants-stagiaires actifs,
décidés à une discussion contradictoire et argumentée.
Pendant et après le stage.


Organisation :

stage résidentiel sur trois jours, dispositifs de travail dynamique et interactifs (conférences-débats, ateliers, exposés de synthèse, dossiers préparatoire, repas pris en commun).

Fil conducteur :

démarche transdisciplinaire et transprofessionnelle, afin de dépasser les cloisonnement habituels.

Une visée claire :

produire des repères solides, fondés en théorie, féconds en pratique.

La problématique des Journées d'étude s'articule
au Séminaire "Déconstruire le social"
animé par Saül Karsz, un lundi soir par mois,
de janvier à juin une année sur deux.

SÉMINAIRE DÉCONSTRUIRE LE SOCIAL 2006 :
«Jeunes en difficulté, difficultés des institutions».

Organisme de formation déclaré sous n° 11 94 01 68 694

"La manifestation bénéficie d'un accord d'UNIFAF pour une prise en charge dérogatoire au bénéfice des professionnels
concernés, sous réserve des
conditions habituelles requises
pour les remboursements des
actions de formation des adhérents"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JOURNÉES [rencontre 2005]
 
       

« La pesée des âmes »
   
  Formation en stage
résidentiel interactif

avec le concours
de l'INJEP
78160 Marly-le-Roi

   
   
  LUNDI 10,
MARDI 11,
MERCREDI 12
OCTOBRE 2005

   
   
 

Conférences
Débats
Ateliers
Synthèses

   
   

Coordination scientifique :

 

Saül Karsz

   
   
[penser la question, conduire les pratiques ]
Sophie Aouillé
  psychanalyste
Philippe Brachet
  psychosociologue
Jean-Claude Barbier
  directeur de recherche, CNRS
Reynald Brizais
  maître de conférence de psychologie sociale
Jacques Danancier
  conseiller technique, Creai
Roland Janvier
  directeur général d'institution sociale
Saül Karsz
  philosophe, sociologue, formateur
Bertrand Ogilvie
  philosophe
Jean-Claude Richez
  unité de recherche, études et formation (INJEP)
Jean Wils
  responsable de service «droit de l'usager»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
JOURNÉES [rencontre 2005]
 
 
Investir l'évaluation ?      
[penser la question, conduire les pratiques]      



Ensemble de procédures et de techniques, l'évaluation est
aussi une manière de penser, d'agir: une affaire de
société. C'est pourquoi elle provoque rejet, réticence,
fascination, adhésion...

o Problématique complexe : articulation de registres
méthodologiques et théoriques, de dimensions
idéologiques et inconscientes...

o Dispositif stratégique : mutation des positionnements
professionnels, cliniques, institutionnels. Et remodelage
des rapports usagers / intervenants / services.

o Enjeux économiques et politiques : légitimation des
dispositifs, pertinence des prestations, redéfinition des
projets, renégociation avec les administrations.

L'évaluation marque donc un tournant decisif dans le
champ social et medico-social. Il y a un avant et un après.
Il est urgent d'en prendre acte, pour agir en connaissance
de cause, au-delà de l'anathème ou de la célébration.

Ce stage propose d'articuler la question —importante —
du comment faire avec celle — déterminante — du
pourquoi faire. Condition de tout transfert de savoir et de
savoir-faire.
  Exposés en séance plénière,
suivis de questions, reprises
en ateliers.
Ateliers réunissant vingt
participants chacun :
confrontation raisonnee des
points de vue, ouverture sur
les pratiques
.



.
Discutants :

Jean-Jacques Bonhomme,
psychosociologue, formateur
Marga Mendelenko,
psychanalyste
Annie Peraut,
directrice d'institution sociale
Sylvain Renouf,
directeur d'institution sociale

     
     
     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
     
mise en scène...
 
 
LUNDI 10 OCTOBRE
 
   
 
9h30
Accueil, premiers échanges  
 
9h45
Présentation du stage, des participants, des intervenants
Saül Karsz
, L'évaluation : visées, efficience, impasse
 
 
12h30
Déjeuner  
 
14h00
Reynald Brizais, L'évaluation, une pratique de la dé-mesure  
 
16h00
Jacques Danancier, Méthodologie pour une évaluation participative  
 
18h00
Ponctuation de la journée  
 
18h45
Apéritif et diner  
20h15
Travail en ateliers  
         
      mise en question...  
 
MARDI 11 OCTOBRE
 
         
   
8h15
Petit déjeuner  
   
9h00
Bertrand Ogilvie, Évaluation, dites-vous ?  
   
10h30
Sophie Aouillé, Un psychanalyste sur mesure  
   
12h30
Déjeuner  
   
14h00
Jean-Claude Barbier, Évaluer les politiques publiques  
   
16h30
Travail en ateliers  
   
18h45
Apéritif et diner  
   
20h15
Restitution des ateliers et ponctuation de la journée  
         
      mise en perspective...  
 
MERCREDI 12 OCTOBRE
 
         
   
8h15
Petit déjeuner  
   
9h15
Forum, Comment faire, concrètement, avec l'évaluation ?
Roland Janvier interrogé par Jean Wils, Philippe Brachet
«Évaluation et démocratie participative» [éd. L'Harmattan]
et Jean-Claude Richez
 
   
12h30
Déjeuner  
   
13h45
Saül Karsz, Travailler l'évaluation : contre/sous/sur/avec
 
 
16h00
Verre de l'amitié. Fin de stage  
         
         
  inscription
au stage
   


[ Le stage aura lieu lundi 10, mardi 11 et mercredi 12 octobre 2005,
dans les locaux de l'lnjep, Institut national de la jeunesse et de l'éducation
populaire : 9-Il, rue Paul Leplat - 78160 Marly-Ie-Roi.

[ La participation aux frais [510 €] comprend la formation (trois journées
pleines), la documentation, la restauration et l'hébergement. L'lnjep ne
pouvant garantir d'avance que tous les participants disposeront de
chambres individuelles, si vous y tenez absolument, ajoutez 17 € / nuitée
à votre règlement. Si vous préférez ne pas être hébergé sur place, nous
consulter dès votre inscription.

[ Les personnes qui souhaiteraient être hébergées à I'lnjep dès dimanche 9
octobre au soir (dîner non compris, petit déjeuner compris), sont priées
d'ajouter 22 € au règlement de leur participation aux frais.

[ Les demandes d'inscription doivent être accompagnées du règlement, ou
d'un engagement institutionnel de règlement daté et signé. Dès réception,
les demandes d'inscription feront l'objet d'un avis de confirmation. Quinze
jours avant le début du stage, les personnes inscrites recevront un dossier
contenant des documents préparatoires et des renseignements pratiques.


Renseignements et inscriptions : exclusivement auprès de l'Association
PRATIQUES SOCIALES. En cas de désistement : retenue de 50 % du montant.

Situations particulières : nous consulter.

       
  argumentaires
des interventions
 
 

Bertrand Ogilvie
Evaluation, dites-vous ?

La question de l'évaluation est habituellement abordée dans une perspective quantitative, et donc dans le registre de la production, auquel il y a beau jeu d'opposer les charmes spiritualistes de l'incommensurable. Or c'est plutôt de qualité qu'il s'agit dans cette affaire : évaluer c'est, plus profondément, dire la valeur sous les espèces de l'identité. Autant dire qu'on est alors dans le registre de la reproduction, donc de la politique et, plus, de l'économique.
Configuration plus particulièrement accentuée dans un
pays comme la France ? Peut-être. Mais partout la question des territoires et des répartitions de rôles et de compétences passe avant la comptabilité : avant de savoir de savoir si l'analyste restaure une santé, il faut d'abord savoir ce qu'est la santé, et si c'est quelque chose de restaurable, par exemple.

 
 


Reynald Brizais
L'évaluation, une pratique de la dé-mesure

Évaluer veut dire donner une valeur, à l'origine fixer le prix. L'évaluation fonctionne donc dans le double registre nécessairement articulé de l'économique et de l'idéologique.
Elle vise à fixer le prix, le «juste prix» de «bonnes pratiques», mêlant astucieusement éthique et morale, et prétend donner la mesure de celles-ci… Sa finalité comptable est présente dès l'entrée. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (27 août 1789) dans son article XV énonce que «La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.»
En même temps : évaluer veut-il seulement dire compter ? La mesure est-elle le cœur d'une méthodologie de l'évaluation ? Pour nous, l'évaluation est du côté de la dé-mesure, c'est-à-dire d'une démarche intellectuelle qui cherche à dé-faire l'évidence de toute mesure. Elle révèle autant l'insensé du chiffre, du pourcentage quand il n'est pas ressaisi par le commentaire, et qu'il fonctionne alors comme un comment-taire, qu'elle peut permettre de prendre la mesure de l'écart entre des représentations et une réalité comptée.
Seconde question (ou première) : Peut-on ? Doit-on ? Faut-il ? …ne rendre aucun compte de sa pratique, singulièrement quand elle touche à autrui ? Refuser l'évaluation, c'est vouloir, même sans le savoir, des pratiques «libres», sans contrôle ? Des pratiques purement libérales, en somme…
[Des exemples seront évoqués : Méthode PEPS-protocole d'évaluation de la production sociale des CAT [diffusion CREAI Pays de Loire] / Recherche en cours sur les mesures socio-judiciaires [Fédération Citoyens & Justice].

 
 


Jean-Claude Barbier
L'évaluation des politiques publiques, objet politique non identifié

Je commencerai par dire comment, dans ma carrière professionnelle, j'ai participé à des activités d'évaluation, depuis mai 1985, dans diverses positions.
L'évaluation a bien des points d'application possibles. C'est d'abord un terme général qui se fixe dans des pratiques sociales très diverses (évaluation des personnes, évaluation du travail, etc..)
Une des pratiques est celle de l'évaluation des politiques publiques (on verra des éléments de bibliographie essentiels, sans approfondir les définitions).
C'est une activité qui a vraiment pris son premier essor aux Etats-Unis, dans les années 60. Depuis, cette technique est devenue un passage obligé de l'activité politique dans les pays développés : il y a des standards de fait, y compris européens. En France, la situation est particulière en raison de l'organisation politico-administrative, et notamment le quasi-monopole de l'INSEE sur l'informa- tion, mais aussi le recrutement et le fonctionnement de l'administration, ainsi que le fonctionnement du système politique.
Les points de vue sur l'évaluation sont entièrement dépendants de la position occupée dans la relation avec l'objet évalué.
Les points de vue sur l'évaluation sont d'abord politiques (et stratégiques), même s'il est parfaitement possible de concevoir, comme le fait le professeur Jean Leca, une évaluation dégagée des contraintes administrativo-politiques, qui associe les acteurs de la politique évaluée.

 
 


Jacques Danancier
Méthodologie pour une évaluation participative

L'évaluation interne a pour objectif de donner aux professionnels une visibilité sur les effets, le déroulement et les résultats de l'action global à laquelle ils participent. Elle implique donc forcément la volonté d'un regard critique structuré sur les méthodes et pratiques engagées afin d'en augmenter ou d'en assurer la pertinence et la qualité.
Elle est liée essentiellement au projet d'établissement qui en définit les principes et l'application dans l'espoir d'aider à son ajustement.
Elle prend en compte des contraintes éthiques ; en particulier, elle ne doit pas conduire à un accroissement du contrôle social des populations accompagnées.
Dans sa valeur dynamique, elle recouvre un ensemble de réalités complexes qui créent une double obligation méthodologique : d'une part rendre compte de ces réalités de la façon la plus complète et la plus fouillée possible ; et d'autre part, concevoir un matériel aisément utilisable.
Nous lui donnons trois objectifs :
I : recueillir l'avis des usagers sur les différents aspects de la prestation qui leur est proposée : dimension qualitative.
II : préciser et assumer un suivi précis des principales procédures d'intervention : dimension fonctionnelle.
III : définir des indicateurs sur les attendus d'effets des actions prévues par les projets : dimension opératoire.
Chacune de ces dimensions recouvre une intention, des limites et un mode d'application qui lui sont propres. Aucune ne peut prétendre à constituer seule une évaluation de projet.

 
 


Forum
Comment faire, concrètement, avec l'évaluation ?

Roland Janvier,
directeur général d'établissement social,
témoignera de son expérience et de ses réflexions sur l'évaluation, interrogé - simultanément et-ou à tour de rôle -
par Jean Wils, Philippe Brachet et Jean-Claude Richez, à partir de leurs points de vue particulières.
Débat coordonné par Saül Karsz.

 
 


Saül Karsz
Deux exposés, une mise en chantier raisonnée...

En ouverture des Journées 2006, «L'évaluation : visées, efficience, impasse». En fin de formation, «Travailler l'évaluation : contre/sous/sur/avec».
L'évaluation constitue la pointe émergée des réagencements idéologiques et politiques qui traversent notamment le champ social et médico-social contemporain. Son émergence, son implantation, pas plus que les réserves et résistances qu'elle suscite, n'obéissent à des raisons uniquement professionnelles, institutionnelles, ou même éthiques. Ce serait réducteur d'y voir des motivations exclusivement financières.
Il s'agit d'une problématique, soit d'une logique balisée par des discours spécifiques et des pratiques singulières. Des outils et des techniques la mettent œuvre, des présupposées et des visées la soutiennent. Les uns ne se comprennent pas sans les autres...
Problématique historique, car le singulier - l'évaluation - est en fait un pluriel : aujourd'hui comme hier, et sûrement demain, des modalités sinon des modes évaluatives diverses coexistent, se confrontent, se succèdent...
Problématique à dominante : non pas un bloc indivis et sans failles, mais un ensemble de tendances, tensions et courants relativement instables, parfois contradictoires.
C'est ce qu'il s'agit de travailler lors des deux exposés. Nous tenterons, en effet, de déployer les différentes composantes de cette problématique, pour montrer comment ça marche et ce qui la fait marcher. Pour montrer, aussi, ce qui fait marcher ses critiques, certaines de ses critiques au moins.
Si l'évaluation n'a rien d'une position neutre, bienveillante, désintéressée, si ce n'est pas impunément qu'elle est mise en œuvre, il en va de même pour les rejets qu'elle convoque. Identifier ces différentes positions, leurs oppositions et aussi leurs alliances, sera l'objet de l'exposé d'ouverture, lundi matin.
Le second, mercredi après-midi, dressera un tableau des avancées et des points qui restent à travailler, et indiquera quelques modalités d'intervention. Un point retiendra notre attention : de cette neutralité effectivement impossible faut-il déduire la vanité de toute analyse objective des pratiques ? Car c'est bien là, en dernière instance, l'enjeu de l'évaluation, de ses défenseurs et de ses opposants.
Autrement dit, on évitera de se laisser enfermer dans des débats qui trop souvent se déroulent en boucle, les mêmes arguments «pour» et «contre» revenant sans cesse. Nous prônons un positionnement critique et raisonné. Et puisque dans le champ social et médico-social il s'agit dorénavant de travailler sous l'évaluation, je propose également de travailler sur elle.