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le
journal / avril 2002
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Élections, piège à... réflexions |
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Qui est responsable ? s'interroge-t-on, encore saisis d'effroi devant le terrible score du candidat Le Pen au 1er tour des présidentielles. Sont alors désignés: les candidats dits protestataires " (extrême gauche, verts), dont la stratégie électorale qualifiée d'irresponsable aurait affaibli le «favori du second tour» ; le favori " lui-même, dont le programme plus «moderne» que «socialiste», ne lui aurait pas permis de rallier les voix de son propre camp ; enfin, Jacques Chirac, dont la campagne centrée sur l'insécurité, aurait profité surtout au candidat frontiste. Il est certain qu'il faut tenir compte de ces paramètres. Mais commenter n'est pas analyser. Les enjeux politiques ne sont pas réductibles au jeu électoral. Ce dernier perçu comme une somme de stratégies d'acteurs, révèle des interactions aussi ponctuelles que superficielles, très insuffisantes pour penser l'état actuel du champ politique en France. Car la victoire de Le Pen sur Jospin, n'est pas seulement un échec (stratégique, donc) de la gauche. On oublierait ainsi que cette victoire est davantage l'effet d'un taux d'abstention record (27,86%) autant que d'une mobilisation vers les bureaux de vote de plus de 4,7 millions de sujets venus déposer dans les urnes le bulletin d'un candidat de la droite ultra-réactionnaire, nationaliste, populiste et xénophobe. S'efforcer de comprendre dans sa complexité cet événement qualifié par certains de «séisme» politique impose de ne surtout pas demander qui mais bien plutôt qu'est-ce qui est responsable. Qu'est-ce qui, dans les attentes insatisfaites des uns et des autres, dans les ressentiments, frustrations, déceptions de chacun concernant la politique, a permis cet inattendu ? En tirer la leçon exige de considérer ce que la politique veut dire, surtout ce qu'elle est supposée vouloir dire pour nous, pour eux. Espérons que beaucoup, qui déploraient
hier les impuissances de la politique, sauront prendre acte que, sons
être toute-puissante (vu pieux de tant d'abstentionnistes),
la politique demeure finalement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être
; un champ de lutte, nécessairement clivé, où s'affrontent,
dans des rapports de force,
Patrick Chaudon |
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Ehoud
Barak, ancien premier ministre d'Israël, au micro de Radio France
International : Qu'en pensez-vous ? |
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ponctuations, repères, pensées... | ||||||||||||||
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«Séisme» : ensemble des déformations brusques de l'écorce terrestre qui constituent un tremblement de terre. L 'épicentre du séisme n 'étant pas sa surface, le plus grave n 'est pas le plus immédiatement visible. Ce n 'est pas le résultat du premier tour qui est le plus inquiétant, mais la radiographie du pays réel ainsi mise au clair. Ce n 'est pas Jean-Marie Le Pen qui a connu un triomphe, ni Lionel Jospin une déroute, ni Jacques Chirac qui sera probablement élu le 5 mai. Si les personnes représentent des partis, des groupes, surtout elles personnifient des projets de société, des modalités du vivre-ensemble, des convictions, des intérêts. Ni Le Pen ni Chirac ne semblaient avoir eu besoin de trop détailler leurs programmes, leurs projets, la société qu'ils proposent : d'une certaine manière cela allait de soi, car il s'agit d'idées largement hégémoniques, dominantes, répandues un peu partout. Et non seulement chez leurs partisans et sympathisants. Ce qu'ils ne disaient pas, chacun pouvait le compléter à son compte. La gauche n 'est pas confrontée aux mêmes défis, aux mêmes attentes. Il ne suffit pas de mettre en place des mesures et des dispositifs, souvent défendables ; encore faut-il être au clair quant au sens que ça comporte, quant aux idéaux et aux projets que ça véhicule. Ceci n 'est pas évident. Il faut prendre le temps de la réflexion et de l'analyse théorique (et non seulement stratégique), le temps de l'écoute des gens, au delà des experts ès communication. Est en revanche évident que, pour gouverner à droite, il est difficile de faire mieux que la droite. C'est en partie pour cela aussi que la gauche n'est pas constamment à gauche. L'extrême-droite étant un des extrêmes de la droite, elle ne se trouve pas toujours et partout aux antipodes de la droite. Et vice-versa... Est-ce donc à la seule extrême-droite qu 'il faut faire barrage ? Les personnages politiques nous représentent : positivement, si nous avons voté pour eux ; négativement, si nous avons peu contribué à les contrer. Comme ailleurs, en France aussi on a les dirigeants, c'est-à-dire les régimes qu 'on contribue à édifier. On votera donc au deuxième tour, on votera surtout aux législatives. Voter est un acte, la politique est un processus. On vote à une date et dans un lieu : on balise un chemin, sans nécessairement le parcourir, moins encore l'habiter. Dans aucun cas la démocratie ne se confond pas avec le suffrage universel, une de ses composantes majeures. Autre chose est enjeu, à l'épicentre du séisme : l'engagement de tout un chacun, sa participation défait, quotidienne, dans les partis et-ou en dehors, soit au maintien de l'ordre des choses, soit à sa transformation. Sursaut ou servitude, y compris à notre insu. C'est là un enjeu majeur. Beaucoup l'ont compris, à droite et à gauche, dès avant dimanche dernier. Saül Karsz |
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Palestine
- Israël
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D'autre part, palestiniens et israéliens ne sont pas symétriques
en ce qui concerne cette guerre. Que Sharon affirme mener une guerre
contre le terrorisme c'est encore une façon de mettre ses pas
dans les pas de Bush, ça ne le grandit pas, loin de là
! Ici il faudrait s'arrêter un peu sur le terrorisme, qui pour
les pauvres est parfois la seule façon de mener une guerre. Il
y en a qui disent que rien ne justifie le terrorisme, même pas
la pauvreté. Ce sont les mêmes qui justifient que le Tsahal
devienne le bras armé du terrorisme d'Etat. Les descendants des victimes de la Shoa d'hier sont aujourd'hui
transformées en bourreaux. Comme autrefois, la communauté
internationale, incapable de prendre des mesures efficaces pour empêcher
le massacre, avance des protestations tièdes. Victoire posthume
d'Hitler sur chacun d'entre nous, confrontés à notre impuissance
à infléchir la situation et à notre désillusion
: on s'attendait à ce que l'antisémitisme nazi ait réveillé
dans ceux qui en avaient été les victimes, l'horreur de
rejouer la pièce dans le rôle des méchants. Il n'en
est rien : l'actuel gouvernement israélien n 'a pas su sortir
de la relation duelle, n 'a pas su inventer autre chose... Impossibilité - ici, en France - d'esquisser une critique sous péril d'être catalogué d'antisémite. Car, victoire posthume d'Hitler encore, le souvenir de la Shoa reste une blessure non cicatrisée et tellement douloureuse qu 'elle empêche d'envisager le futur et même, de voir le présent. Dhelia Esquebenin |
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| Le Séminaire Déconstruire Le Social / Lundi 8 avril 2002 | |||||||||||||||
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