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8 mars, date importante
désignée selon deux formulations distinctes : journée
internationale de la femme ou journée internationale des
femmes. La nuance peut paraître anodine, bien sûr. Si anodine
que l'univers médiatique s'en accommode très bien. L'usage
de tel ou tel déterminant importe peu, est du moins secondaire
au regard de la prise de conscience d'une oppression multi-millénaire.
L'essentiel est de décrier ensemble, par des manifestations multiples,
toutes les discriminations observées à l'encontre des femmes,
de la femme en général.
Oui, mais... justement. Et
si la nuance n'en était pas vraiment une ? Et si cette question
de la femme ou des femmes, non soulevée, non discutée à
l'occasion de cette journée, était prioritaire plutôt
que secondaire ? Les actions politiques, les discours idéologiques
sont-ils bien du même ordre, orientés dans une même
direction, ancrés dans un même paradigme, selon qu'on vise
l'émancipation de la femme ou l'émancipation des femmes
? En fait, se confronter à cette question permet assurément
de saisir plus clairement les enjeux qui travaillent le mouvement féministe
depuis ses débuts.
Celui-ci est traversé
par des contradictions, qui concernent par ailleurs l'ensemble des mouvements
pour l'émancipation et contre l'oppression de groupes dits «minoritaires»
(homosexuels, noirs, etc). La lutte féministe n'est pas d'un bloc
: quelle lutte, y compris bien sûr celle des classes sociales, pourrait
prétendre à ce statut monolithique ? C'est une lutte clivée,
complexe, au sein de laquelle sont mobilisés des positions antagonistes
et des stratégies rivales...
Ainsi, la journée de
la femme s'accorde avec un certain féminisme, pour qui le genre
féminin déterminé par un sexe biologique, donc "naturel",
fait fonction de socle fondateur, commun dénominateur capable de
subsumer l'ensemble des femmes réelles. Il présuppose l'existence
d'un être imaginaire, générique, universel, transhistorique
: l'éternel féminin, que toutes les femmes réelles
seraient censées porter en elles. Vision naturaliste, essentialiste
que résument à leur façon les propos de Germaine
Greer, féministe américaine de longue date : «être
féministe, cela veut dire qu'avant d'appartenir à une race,
une nationalité, une religion, un parti ou une famille, vous êtes
une femme» (Germaine Greer, La femme entière, Plon,
2002, p.16). Cette position, qui mène la lutte au nom de la différence,
est combattue par un autre féminisme, pour qui le genre, principe
de division des sujets humains en un masculin et un féminin, est
une construction sociale, historique. Pas de genre possible en dehors
des sociétés humaines. Pas d'oppression transcendantale
d'un genre par un autre, donc. Il s'agit alors de dévoiler les
mécanismes historiques de l'oppression des femmes sans jamais
oublier que chacune d'elles occupe une place spécifique, en tant
que sujet idéologique, dans les rapports sociaux.
La journée des
femmes rappelle que «toutes les femmes ne conçoivent pas
leurs intérêts de la même façon, et que leurs
conceptions de "l'intérêt" des femmes peuvent entrer
en conflit» (Christine Delphy, L'ennemi principal, Paris,
Syllepses, 2001, tome 2, p. 343).
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samedi
17 mai, 38430 Moirans
Journée-débat organisée par le Collectif Enfants
Parents Professionnels Isère (Ceppi) "Comment devient-on
parent ?". Intervenant: Saül Karsz.
mercredi 21 mai, Casino
de Deauville
Colloque organisé par l'Association des directeurs certifiés
de l'Ecole nationale de la Santé publique: "Normes et qualité
de vie de l'usager : paradoxe, complexité, dualisme ?" Saül
Karsz: "Dialectique de la norme dans la politique sociale, un enjeu
pour les directeurs".
samedi
24 mai, 10h - 17h - Strasbourg
Rencontre régionale organisée par la Fédération
des uvres Evangéliques: "L'éthique associative
face à la logique du marché : cohabitation ou confrontation
?" Table ronde avec un représentant du Medef, un théologien,
un représentant d'Eurodiaconie (réseau protestant européen)
et Saül Karsz.
mardi
3 & mercredi 4 juin - Ajaccio et Bastia
Journées régionales organisées par l'institut Méditerranéen
de formation (Marseille) "Analyse des pratiques professionnelles
en travail social" Intervenant : Saül Karsz
jeudi 5 juin, 9h - 17h
Avignon
Journée régionale organisée par l'institut Méditerranéen
de formation (Marseille) et des partenaires locaux. Intervenant : Saül
Karsz
"SCENES ET MISES EN SCENE DU TRAVAIL SOCIAL"
Quelle pièce se joue dans le travail social, selon quel scénario,
en vue de quel dénouement? Que font ses agents, souvent appelés
les "acteurs"? Et qu'est-ce qu'ils ne font surtout pas? Quant
aux usagers, tiennent-ils le rôle de personnes en difficulté,
fragiles, en souffrance, exclues, - ou bien le rôle de sujets
socio-désirants? Enfin, le metteur en scène, c'est-à-dire
la politique sociale, comment distribue-t-il les rôles ? Et comment
les différents personnages s'en acquittent ?
Elaborer
ces questions est aujourd'hui, politiquement, professionnellement, personnellement
urgent !
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