De très nombreuses manifestations ont accompagné le trentième anniversaire de la mort de Lacan, en 2011. Parmi ces hommages, un ouvrage intitulé « Jacques Lacan, passé, présent » [Seuil, mars 2012], co-rédigé par l’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco et le philosophe Alain Badiou. Dialogue entre deux auteurs : chacun rend compte de la relation entretenue avec Lacan au cours des années 1960-70, puis revisite, à la lumière de ses réflexions, plusieurs questions problématiques contemporaines. Continuer la lecture
En France et ailleurs, des psychanalystes se sont largement impliqués dans le débat actuel à propos du mariage pour tous. Certains s’y opposent de par les questions de filiation, de forclusion possible de la différence des sexes, de l’effacement supposé des repères fondamentaux de la famille – dont père et mère -, nécessaires à la succession des générations…. D’autres, en revanche, «…déplorent l’utilisation insistante qui est faite du savoir psychanalytique afin de cautionner, dans le débat qui agite la nation, certaines des thèses opposées au projet de loi » [« Mariage pour tous : contre l’instrumentalisation de la psychanalyse», in www. LacanQuotidien.fr]. Continuer la lecture
Dans son ouvrage « Les enjeux de l’adolescence » [Ed Michèle, 2010], Hélène Deltombe, psychanalyste, s’interroge sur le déclin de la fonction paternelle. Elle observe que la triangulation œdipienne devient problématique dans beaucoup de familles, non seulement parce qu’un père n’est pas toujours présent, mais surtout parce que sa parole ne compte pas et n’est pas portée dans les dires de la mère. Continuer la lecture
Dans « Retour à Reims », Didier Eribon déplie son histoire familiale et l’inscription de celle-ci dans la classe ouvrière. Il évoque sa trajectoire personnelle axée sur le désir de fuir cette appartenance là. L’essai d’auto-analyse qu’il propose tranche avec ses travaux philosophiques sur Foucault, Levi Strauss, Lacan… Rédigé à la mort de son père, sujet haï par lui, car désigné comme violent, homophobe et résigné à son sort, Didier Eribon est amené à revisiter l’histoire familiale et a dépsychologiser le portrait des personnages pour en montrer les surdéterminations économiques et politiques et leur impact sur la subjectivité des uns et des autres. Continuer la lecture